Différences et avantages de l'achat direct vs. leasing d'œuvres d'art pour les entreprises
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Achat direct avec amortissement (immobilisation) :
- Mécanisme : L'entreprise achète l'œuvre et l'enregistre comme un actif immobilisé. Elle peut ensuite déduire une partie de sa valeur chaque année (généralement sur 5 ans, soit 20% par an) des charges de l'entreprise, réduisant ainsi son bénéfice imposable et donc ses impôts.
- Propriété : L'œuvre appartient à l'entreprise.
- Conditions : L'entreprise doit recevoir du public pour que l'œuvre soit éligible. La revente à des tiers est possible, mais la revente au dirigeant lui-même est plus complexe et potentiellement problématique (conflit d'intérêts, abus).
- Avantages : L'entreprise acquiert la pleine propriété de l'œuvre après amortissement.
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Leasing d'œuvres d'art :
- Mécanisme : L'entreprise loue l'œuvre via une société de leasing spécialisée. Elle paie un loyer mensuel qui est déductible des charges, réduisant également le bénéfice imposable. La durée du leasing est flexible (1 à 4 ans, voire plus).
- Propriété : L'œuvre reste la propriété de la société de leasing pendant la durée du contrat. À la fin du leasing, une option d'achat est généralement proposée au dirigeant à un prix fixé à l'avance (souvent 5% de la valeur initiale de l'œuvre).
- Conditions : L'œuvre doit être exposée dans un lieu recevant du public. Le processus est plus encadré juridiquement pour éviter les conflits d'intérêts lors de l'option d'achat finale.
- Avantages : Flexibilité, moindre investissement initial par rapport à un achat direct, acquisition possible de l'œuvre à un prix avantageux à la fin du contrat. C'est une solution plus "légère" et encadrée pour les entreprises.
En résumé, l'achat direct permet une acquisition immédiate de la propriété avec déduction fiscale, tandis que le leasing offre une solution plus souple avec un coût mensuel réduit et une option d'achat finale clarifiée.
Approche des entreprises pour exposer/vendre des œuvres d'art
L'approche doit être axée sur la valeur que l'artiste peut apporter à l'entreprise, plutôt que sur une simple demande d'exposition.
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Identifier les besoins de l'entreprise :
- Image et communication : L'art peut renforcer l'image de marque, véhiculer des valeurs (RSE, ancrage territorial, innovation).
- Bien-être au travail : Créer un environnement plus agréable pour les employés.
- Événementiel : Organiser des vernissages ou des événements autour de l'œuvre pour attirer clients et partenaires.
- Décoration et ambiance : Améliorer l'esthétique des locaux (bureaux, halls, salles d'attente).
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Adapter le discours :
- Ne pas se présenter uniquement comme un artiste cherchant à vendre, mais comme un partenaire potentiel.
- Mettre en avant les bénéfices concrets : "Comment mon art peut-il valoriser votre entreprise, attirer vos clients, motiver vos équipes ?"
- Proposer des solutions adaptées : expositions temporaires, œuvres en leasing, projets artistiques spécifiques.
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Utiliser le réseau :
- Participer à des événements d'entreprises, des soirées réseau (CCI, BNI) pour rencontrer des décideurs.
- Solliciter les contacts existants : amis, famille, connaissances qui travaillent dans des entreprises cibles. Demander des introductions est plus efficace que le démarchage direct.
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Présentation soignée :
- Avoir un portfolio ou un compte Instagram professionnel et visuellement attrayant.
- Préparer un "pitch" concis et percutant qui explique la démarche artistique et les bénéfices pour l'entreprise.
- Pour les premières approches, privilégier le contact humain et la création de lien plutôt que la vente immédiate.
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Persévérance et patience : Le démarchage peut être difficile et les refus fréquents. Il faut persévérer, relancer les contacts et comprendre que le timing peut ne pas être le bon. Ce qui n'aboutit pas aujourd'hui peut se concrétiser plus tard.
Stratégies pour éviter que l'art soit perçu comme de la simple décoration dans les hôtels
L'objectif est de souligner la valeur artistique et la dimension "vente" de l'œuvre, tout en restant cohérent avec l'esthétique de luxe de l'établissement.
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Présentation des informations :
- Cartels originaux : Utiliser des cartels de présentation (nom de l'œuvre, artiste, dimensions) qui sortent de l'ordinaire. Ils peuvent être sur des supports différents (bois gravé, design épuré) ou présentés sur des supports dédiés (chevalets discrets) plutôt que directement sur le mur.
- QR Codes : Intégrer un QR code discret sur le cartel ou à proximité de l'œuvre. Ce code peut renvoyer vers :
- Une page web dédiée présentant l'artiste et l'œuvre.
- Le profil Instagram de l'artiste (plus personnel et engageant).
- Une liste de prix ou un catalogue numérique.
- Information "sur demande" : Indiquer "Prix sur demande" ou "Contact pour acquisition" pour inciter à une démarche plus ciblée.
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Mise en valeur de l'artiste :
- Instagram : Privilégier la promotion via Instagram, car cela permet de créer un lien plus personnel et humain avec le public potentiel.
- Événementiel : Négocier avec l'hôtel l'organisation d'une soirée de vernissage ou d'une exposition temporaire lors d'une période d'activité intense de l'hôtel. Cela permet de capter l'attention des clients présents pour d'autres événements.
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Cohérence des prix :
- Éviter de surestimer les prix pour compenser le fait que l'œuvre soit en hôtel. Le prix affiché (ou disponible sur demande) doit être cohérent avec la stratégie tarifaire globale de l'artiste (atelier, galerie).
- Proposer des options pour faciliter l'achat sans dévaloriser le prix : offrir l'encadrement, le transport, ou des facilités de paiement.
En résumé, il faut rendre l'œuvre plus "découvrable" et donner envie d'en savoir plus, tout en maintenant son statut d'œuvre d'art à acquérir, et pas seulement un élément de décoration.
Commissions typiques pour la vente d'œuvres d'art
Les taux de commission varient considérablement en fonction du type d'intermédiaire et du service rendu :
- Galeries d'art traditionnelles : Généralement 50%. Historiquement, ce partage permettait au marchand de couvrir ses frais (loyer, exposition, marketing, temps passé) et à l'artiste de se concentrer sur la création.
- Galeries d'art lors de salons/foires : La commission peut monter jusqu'à 60%, car les frais d'exposition (stand, logistique) sont plus élevés.
- Conseillers en art indépendants (sans lieu d'exposition fixe) : Leur rôle est plus centré sur le conseil et la vente directe à leurs clients. La commission se situe généralement entre 30% et 40%. Ils défendent le travail de l'artiste auprès de leur réseau.
- Boutiques / concept stores : Le modèle peut varier. S'il s'agit de dépôt-vente, la commission peut être négociée. Si la boutique achète le stock, c'est une vente directe à la boutique. Pour du dépôt-vente, on peut s'attendre à des commissions similaires à celles des conseillers, voire un peu plus, en fonction de la valeur ajoutée de la boutique (emplacement, clientèle). Le taux peut être négocié, souvent entre 30% et 50%.
- Intermédiaires financiers (Conseillers en patrimoine) : S'ils agissent comme prescripteurs pour le leasing ou l'achat d'œuvres, ils peuvent percevoir une commission, souvent comprise entre 10% et 20%. Il est conseillé d'officialiser cela par un contrat.
- Sociétés de leasing d'art : Elles ne prennent pas de commission sur la vente de l'œuvre elle-même, mais leur modèle économique repose sur les loyers payés par l'entreprise. L'artiste peut négocier un partenariat avec ces sociétés.
Il est crucial de noter que ces pourcentages visent à rémunérer le service, l'investissement (temps, argent, réseau) et le risque pris par l'intermédiaire. L'artiste doit s'assurer que le prix final de l'œuvre reste viable et cohérent, tout en motivant ses partenaires commerciaux.
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